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Comment et quand planter du bambou ?

Mis à jour le 26 juillet 2026 · 12 min de lecture
Table des matières

Le bambou a mauvaise réputation, et je comprends pourquoi : mal choisi et mal planté, il file sous la clôture du voisin en deux saisons. Bien planté, avec la bonne variété et une barrière anti-rhizome quand elle s’impose, c’est une des plantes les plus faciles à réussir et les plus rapides à faire écran. Voici comment vous y prendre, du choix de la période au geste précis dans le trou de plantation.

L’essentiel

  • Période – de mi-septembre à novembre (idéal) ou de mars à mai, hors gel et hors canicule
  • Exposition – soleil à mi-ombre, à l’abri des vents desséchants
  • Sol – riche, frais et bien drainé ; il déteste l’eau stagnante
  • Type crucialFargesia (cespiteux, non traçant) sans barrière ; Phyllostachys (traçant) toujours avec barrière anti-rhizome
  • Barrière anti-rhizome – HDPE de 70 cm de haut, minimum 2 mm d’épaisseur, pour les bambous traçants
  • Reprise – arrosage régulier la première année, c’est le seul vrai risque d’échec

Avant même de creuser, retenez une chose : 90 % des problèmes de bambou se règlent au moment de l’achat. Le nom sur l’étiquette décide de tout le reste, barrière ou pas barrière. On y revient plus bas, mais gardez-le en tête pendant toute la lecture.

Quand planter du bambou ?

La meilleure période, c’est l’automne, de mi-septembre à fin novembre. Le sol est encore tiède, les pluies reviennent, et le bambou passe l’hiver à installer ses racines tranquillement. Au printemps suivant, il démarre avec plusieurs longueurs d’avance. C’est le moment que je conseille dès qu’il est possible.

La seconde fenêtre va de mars à mai. Elle fonctionne très bien aussi, à condition d’être rigoureux sur l’arrosage : un bambou planté au printemps affronte son premier été sans réseau racinaire développé, et c’est là qu’on en perd. Si vous plantez en avril ou mai, prévoyez d’arroser sérieusement de juin à septembre.

Le bambou étant vendu en conteneur, vous pouvez techniquement le planter presque toute l’année. Mais évitez deux périodes : le plein hiver quand le sol est gelé, où les racines ne s’installent pas, et le cœur de l’été en pleine canicule, où la plante grille plus vite que vous n’arrosez. Entre les deux, foncez.

Bon à savoir

Un bambou acheté en pot est parfois vendu déjà bien développé, mais la motte peut être serrée et sèche au cœur. Avant toute chose, faites tremper le conteneur entier dans un seau d’eau jusqu’à ce que les bulles cessent de remonter. Une motte réhydratée reprend deux fois mieux qu’une motte plantée sèche.

Où planter du bambou : exposition, sol et drainage

Le bambou n’est pas difficile, mais il a des préférences nettes. Côté lumière, il accepte le plein soleil comme la mi-ombre. Les Fargesia, en particulier, redoutent le soleil brûlant de l’après-midi dans le sud : une exposition est ou nord-est leur convient mieux. Les Phyllostachys, eux, prennent plus de soleil sans broncher.

Le point vraiment important, c’est le sol. Le bambou veut un sol riche, frais et surtout bien drainé. Il tolère mal deux extrêmes : la terre qui reste détrempée en hiver, où les rhizomes pourrissent, et la terre pauvre et sèche, où il végète. Si votre terrain est lourd et argileux, améliorez le drainage à la plantation avec du sable grossier et une bonne dose de compost.

Dernier réflexe utile : abritez-le des vents froids et desséchants. Le bambou garde son feuillage en hiver, et un vent glacial le dessèche plus sûrement que le gel lui-même. Un emplacement adossé à une haie, un mur ou un bâtiment lui va parfaitement, ce qui tombe bien puisqu’on le plante souvent justement pour faire écran.

barrière anti-rhizome bambou

Fargesia ou Phyllostachys : le choix qui change tout

C’est LA décision à prendre avant de creuser. Les bambous se rangent en deux grandes familles selon leur rhizome, la tige souterraine qui commande leur expansion. Se tromper de type, c’est soit se priver d’un bel écran, soit passer trois ans à traquer des rejets partout.

Critère Fargesia (cespiteux) Phyllostachys (traçant)
Rhizome Court, en touffe compacte Long, horizontal, traçant
Comportement Reste sur place, s’élargit lentement S’étend vite, colonise le terrain
Barrière anti-rhizome Inutile Indispensable
Hauteur courante 1,5 à 4 m 3 à 8 m selon l’espèce
Idéal pour Haie sans entretien, petit jardin, pot Grand écran haut, bosquet, cannes décoratives

Ma règle est simple. Si vous voulez une haie tranquille sans surveiller, prenez un Fargesia (le ‘Rufa’ et le ‘Robusta Campbell’ sont des valeurs sûres) et oubliez la barrière. Si vous visez un écran haut, des cannes noires (Phyllostachys nigra) ou dorées, allez-y, mais posez impérativement une barrière anti-rhizome. Un Phyllostachys sans barrière dans un jardin de lotissement, c’est un litige de voisinage programmé.

Comment planter du bambou : les étapes

Une fois la variété choisie et la motte réhydratée, la plantation elle-même prend une vingtaine de minutes par pied. Voici l’ordre des opérations.

  • 1. Creusez large. Faites un trou d’au moins deux à trois fois le volume de la motte, soit environ 50 cm de large et 40 cm de profondeur. Ameublissez bien le fond pour que les racines descendent facilement.
  • 2. Améliorez la terre. Mélangez la terre extraite avec du compost bien mûr ou du terreau de plantation. Sur sol lourd, ajoutez une poignée de sable grossier pour le drainage.
  • 3. Faites tremper la motte. Si ce n’est pas déjà fait, plongez le conteneur dans l’eau jusqu’à saturation, puis dépotez sans casser la motte.
  • 4. Positionnez le collet au niveau du sol. Le haut de la motte doit affleurer la surface, ni enterré, ni surélevé. C’est le point où l’on se trompe le plus.
  • 5. Comblez et tassez. Rebouchez avec le mélange, puis tassez fermement avec le pied pour chasser les poches d’air autour des racines.
  • 6. Formez une cuvette. Modelez un petit bourrelet de terre autour du pied pour retenir l’eau d’arrosage.
  • 7. Arrosez copieusement. Comptez 10 litres par pied, même s’il pleut, pour bien plaquer la terre sur les racines.
  • 8. Paillez. Étalez 5 à 8 cm de paillis (feuilles mortes, broyat, écorces) pour garder la fraîcheur et limiter les mauvaises herbes.

Si vous plantez plusieurs pieds en haie, espacez-les de 80 cm à 1 mètre pour un écran dense et rapide, jusqu’à 1,5 m si vous êtes patient. Serrer davantage ne sert à rien : le bambou remplira les vides tout seul.

Poser une barrière anti-rhizome pour un bambou traçant

Pour un Phyllostachys ou tout autre bambou traçant, la barrière se pose en même temps que la plantation, jamais après. Une fois le rhizome parti, la rattraper coûte beaucoup plus cher que de la poser dès le départ. Utilisez une bâche rigide en polyéthylène haute densité (HDPE), de 2 mm d’épaisseur minimum et 70 cm de hauteur.

  • Creusez une tranchée circulaire ou linéaire de 65 cm de profondeur autour de la zone à confiner.
  • Déroulez la barrière en la laissant dépasser de 5 cm au-dessus du sol : c’est ce rebord visible qui vous permet de repérer et de couper un rhizome qui tente de sauter par-dessus.
  • Inclinez légèrement la barrière vers l’extérieur en haut, pour renvoyer les rhizomes vers la surface plutôt que sous la bâche.
  • Fermez le cercle en chevauchant les deux extrémités sur au moins 40 cm et en les serrant avec une bande de jonction ou des boulons inox. Un simple bout-à-bout finit toujours par céder.

Prévoyez large : donnez au bambou un espace confortable à l’intérieur de la barrière, sinon la touffe s’étouffe. Et une fois par an, faites le tour du rebord pour couper au sécateur les éventuels rhizomes qui pointent au sommet. Cinq minutes qui vous épargnent bien des soucis.

Planter du bambou en pot

Le bambou en pot est une excellente solution sur une terrasse ou un balcon, et c’est aussi le moyen le plus simple de maîtriser un bambou traçant : le contenant fait office de barrière. Choisissez un pot large, haut et lourd, d’au moins 40 à 50 cm dans les deux dimensions, de préférence en terre cuite ou en résine épaisse. Un pot trop petit sèche en une journée l’été.

Le drainage est vital en pot. Percez le fond, ajoutez une couche de billes d’argile ou de graviers, puis remplissez d’un mélange de terreau de qualité et de terre de jardin. Le point faible du bambou en pot, c’est l’arrosage : la motte y sèche vite. En été, prévoyez d’arroser tous les jours, et n’hésitez pas à installer une soucoupe pour créer une petite réserve.

Tous les deux ou trois ans, le bambou finit par saturer son pot. Vous le verrez à sa croissance qui ralentit et à ses feuilles qui jaunissent. À ce moment, rempotez dans un contenant plus grand ou divisez la touffe au printemps et rempotez la moitié dans du terreau neuf. C’est aussi l’occasion de récupérer un jeune plant à offrir.

Après la plantation : réussir la reprise

La première année décide de tout. Un bambou bien arrosé la première saison est ensuite quasiment autonome ; un bambou négligé au départ met des années à se refaire, quand il ne meurt pas. Arrosez généreusement et régulièrement pendant tout le premier printemps et le premier été, surtout par temps sec, sans jamais détremper.

Ne vous inquiétez pas si le feuillage jaunit un peu ou si des feuilles tombent dans les semaines qui suivent : le bambou fait souvent sa mue et s’adapte à son nouveau sol. Maintenez le paillage épais toute l’année, il garde la fraîcheur au niveau des rhizomes, qui sont superficiels et craignent le dessèchement.

Côté nutrition, patientez : ne mettez pas d’engrais à la plantation. Au printemps de la deuxième année, vous pourrez apporter un engrais riche en azote ou, plus simplement, un bon compost au pied. C’est un gros mangeur, et il vous le rendra en densité de feuillage.

Les questions que vous vous posez sur la plantation du bambou

Tous les bambous sont-ils envahissants ?

Non, et c’est le malentendu le plus répandu. Les bambous cespiteux (Fargesia) restent en touffe et ne s’étendent que très lentement, sans jamais coloniser le jardin. Seuls les bambous traçants (Phyllostachys et apparentés) filent au loin par leurs rhizomes. Choisissez un Fargesia et la question de l’invasion ne se pose tout simplement pas.

À quelle distance de la clôture du voisin planter du bambou ?

Pour un Fargesia, comptez au moins 1 mètre de la limite pour laisser la touffe s’élargir. Pour un traçant, la question de la distance passe après celle de la barrière : posez impérativement une barrière anti-rhizome et gardez de la marge. En pratique, le bon sens et le respect des règles locales de distance de plantation évitent la plupart des conflits.

Combien de temps un bambou met-il à faire un écran ?

Comptez 2 à 3 ans pour un écran dense à partir de jeunes plants, parfois dès la deuxième année pour les Phyllostachys vigoureux. La première année, la plante travaille surtout sous terre : ne jugez pas sa croissance sur les premiers mois. Planter à l’automne avec de beaux sujets en conteneur reste le meilleur moyen d’accélérer.

Peut-on planter du bambou en plein été ?

C’est possible avec un sujet en conteneur, mais c’est le pire moment. Le bambou perd beaucoup d’eau par son feuillage persistant, et sans racines installées il déshydrate vite. Si vous n’avez pas le choix, plantez le soir, arrosez tous les jours, paillez épais et ombrez-le les premières semaines. Sinon, attendez septembre.

Mon bambou jaunit après la plantation, est-ce grave ?

Le plus souvent, non. Un jaunissement modéré avec chute de quelques feuilles est une réaction normale au changement de sol ou à un léger stress hydrique. Vérifiez surtout que le sol ne reste pas détrempé, car l’excès d’eau est plus dangereux que le manque. Reprenez un arrosage régulier et attendez : la reprise vient souvent seule.

Le bon plant, la bonne saison, le bon geste

Planter du bambou n’a rien de compliqué dès lors qu’on prend les décisions dans le bon ordre. Tout part du choix de la variété : un Fargesia cespiteux pour une haie tranquille sans barrière, un Phyllostachys traçant pour un grand écran, mais alors avec une barrière anti-rhizome posée dès la plantation.

Ensuite, une plantation d’automne dans un sol riche et drainé, une motte bien réhydratée, un collet au ras du sol et un arrosage suivi la première année : c’est tout ce qui sépare un bambou qui traîne d’un bambou qui fuse.

Mon dernier conseil, celui qui fait la différence sur le long terme : ne lésinez pas sur la barrière si vous partez sur un traçant. Une bâche HDPE de qualité et une heure de tranchée valent mieux que trois printemps à arracher des rejets. Faites-le bien une fois, et vous profiterez de votre écran de bambou pendant des décennies.

JM
Julien Marchand
Cuisinier passionné

Huit ans en restauration, de la brasserie lyonnaise au gastro parisien. Depuis 2020, je teste le matériel de cuisine et je partage des guides honnêtes fondés sur l'expérience, pas sur des fiches produit recopiées. Chaque article du Grenier à Sel est recherché, testé et mis à jour.

Fondateur du Grenier à Sel · 200+ articles publiés · 8 ans en restauration pro